Visite de la Cathédrale

L'Extérieur de la Cathédrale
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D'inspiration néo-renaissance italienne, la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde a conservé l'apparence générale de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome. En raison des rigueurs de l'hiver, il a fallu simplifier les faces latérales de l'édifice. À la lecture des renseignements ci-dessous, on verra que la Cathédrale de Montréal fait environ la moitié de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome.

Saint-Pierre-de-Rome Cathédrale de Montréal

Longueur 700 pieds 333 pieds

Largeur 260 pieds 150 pieds

Hauteur de la coupole 500 pieds 252 pieds

Diamètre de la coupole 130 pieds 75 pieds


Les murs de la Cathédrale sont faits de pierre calcaire brute ou bosselée, produite à Montréal, et l'encadrement des fenêtres en pierre de taille de qualité supérieure. L'épaisseur des murs varie de dix pieds à la base à quatre pieds au sommet. Le dôme repose sur une charpente de bois recouverte de feuilles de cuivre. Deux dômes plus petits, qui avaient été prévus pour les tours de l'arrière, n'ont jamais été construits.

Les treize statues de neuf pieds de hauteur, en bois recouvert de cuivre, qui couronnent la façade, sont l'œuvre de Joseph Olindo-Gratton, de Sainte-Thérèse-de-Blainville, qui les réalisa entre octobre 1892 et octobre 1900.

Tandis que les statues de la façade de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome représentent le Christ et les douze apôtres, celles de la Cathédrale illustrent, de gauche à droite:

- saint Antoine de Padoue et l'Enfant Jésus (1898)

- saint Vincent de Paul et un enfant trouvé; (1893)

- saint Hyacinthe tenant une statuette de la Vierge (1899)

- saint Thomas d'Aquin (1900)

- saint Paul (1898)

- saint Jean l'Évangéliste (1893)

- au centre, saint Jacques-le-Majeur (1892)

- saint Joseph et l'Enfant Jésus (1899)

- saint Jean Baptiste (1899)

- saint Patrice (1899)

- saint Ignace d'Antioche (1893)

- saint Charles Borromée (1899)

- saint François d'Assise (1898)

Ces statues sont le don de bienfaiteurs. Par exemple, la statue de saint Patrice a été offerte par les paroisses irlandaises de Montréal; celle de saint Hyacinthe, par Mgr Louis-Zéphirin Moreau, (déclaré bienheureux en 1987), évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe.

Le Monument de Monseigneur Bourget
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Ce monument, œuvre du sculpteur Philippe Hébert, s'élève côté ouest de la place qui s'étend devant le parvis de la Cathédrale.

L'année 1899 devait marquer le centième anniversaire de naissance de Mgr Bourget. Quelques prêtres et laïcs conçurent le projet d'ériger, à cette occasion, une statue au saint évêque. L'idée fut aussitôt approuvée par l'évêque du temps, Mgr Bruchési. Celui-ci inaugura le monument le 24 juin 1903, à la Saint-Jean-Baptiste.

La statue principale, en bronze, a été coulée à Bruxelles, tandis que les bronzes des bas-reliefs ont été coulés à Paris. Le piédestal est en granit gris. Mgr Bourget, représenté dans l'apparat de ses vêtements canoniques, tient un manuscrit tandis que, de l'autre main, il accompagne d'un geste oratoire les paroles qu'il adresse au peuple.

Au bas de la statue, on trouve deux figures allégoriques représentant les vertus de charité et de religion. La charité prend les traits d'une femme au regard tourné vers le ciel; la main droite vient de faire l'aumône d'un pain à une pauvre dame âgée; la main gauche fait glisser un pan de son manteau sur les épaules grelottantes d'un enfant abandonné. La vertu de religion est représentée par une femme dont le bras gauche attire à elle une enfant qui joint les mains en signe d'admiration, tandis que de l'autre côté, se meurt un vieillard; ils sont tous deux soutenus par la vertu de religion.

À la base du piédestal, deux bas-reliefs plus petits représentent des scènes de la vie de Mgr Bourget. L'un figure l'évêque en visite au camp des zouaves canadiens, non loin de Rome. Il s'appuie au bras du colonel De Charette. L'autre bas-relief représente Mgr Bourget recevant les plans de la Cathédrale.

À l'arrière du monument, on peut lire, gravé dans la pierre, le testament spirituel du saint évêque: «Mes enfants, gardez le dépôt sacré des traditions. Souvenez-vous de mes labeurs!»

L'Intérieur de la Cathédrale
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L'intérieur de la Cathédrale ne reproduit pas, dans toute sa splendeur, la Basilique Saint-Pierre de Rome, mais l'agencement architectural de la nef, la voûte à caissons en bois blanc et doré et le baldaquin aux colonnes torsadées demeurent intéressants. Les courbures des voûtes qui s'entrecoupent volent presque la vedette aux nombreux tableaux et aux dorures de 23 carats.

Le Baldaquin
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Sous la coupole, le baldaquin domine le maître-autel. Reproduction remarquable du célèbre baldaquin Le Bernin, on doit au talent d'Arthur Vincent cette œuvre de cuivre rouge ouvragé à la main et décoré de feuilles d'or. Les six anges du dessus ont été sculptés par Joseph-Olindo Gratton. Ces statues, quatre «Anges aux guirlandes» (1910) et deux «Anges aux insignes de la papauté» (1911), ont aussi comme modèles les statues du baldaquin Le Bernin. Cette majestueuse pièce centrale a été offerte à la Cathédrale par les Messieurs de Saint-Sulpice.

Les tableaux historiques
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La plupart des grands tableaux (de treize à seize pieds de hauteur) qui ornementent les arcades de la nef et du transept ont été réalisés par Georges Delfosse en 1908 et en 1909. Font exception: «La Première Messe Célébrée à Montréal» (célébrée par le père Vimont, jésuite, en présence de M. de Maisonneuve et de Jeanne Mance), peint par M. Ernest Laurent, premier prix de Rome au concours de 1889 et offert par le gouvernement français. Et le tableau de Lionel Royer peint en 1885: «Colonel Athanase de Charette, Commandant des Zouaves Pontificaux».

Les tableaux de Georges Delfosse illustrent les moments héroïques de l'évangélisation des Amérindiens, réalisée par les Récollets et les martyrs Jésuites («Nicolas Viel, premier martyr canadien Récollet et son néophyte Ahuntsic - 1625» et «Supplice des Pères Jésuites J. de Brébeuf et G. Lalemant - 16-17 mars 1649»). Ces tableaux témoignent en outre de la période où eut lieu la fondation de Ville-Marie. Une toile illustre la consécration du projet à la Vierge Marie, à Paris, avec M. Jean-Jacques Olier, fondateur des Sulpiciens, et M. Jérôme Le Royer, sieur de la Dauversière, laïc marié, l'homme qui a conçu spirituellement et financièrement Montréal («M. Olier consacre les Associés de Montréal à la Vierge dans l'église de Notre-Dame de Paris - 3 février 1641»). Avant que l'on songe à cette fondation, une messe avait déjà été célébrée sur les lieux («Première messe chantée sur les bords de la rivière des Prairies par le R. Père Denis Jamay - 24 juin 1615»).

Les co-fondatrices de Ville-Marie, Jeanne-Mance et sainte Marguerite Bourgeoys, sont représentées dans leur tâche respective: le soin des malades et l'enseignement aux enfants. («L'héroïque Jeanne Mance et les Hospitalières de Saint-Joseph soignant les malades - 1659» et «La Vénérable Marguerite Bourgeoys enseignant les jeunes sauvages, près des tours du Vieux Fort de Montréal - 1694»). Enfin, sainte Marguerite d'Youville, mère à la charité universelle, est représentée devant son hôpital incendié, grande épreuve qu'elle a traversée en chantant le Te Deum («La Vénérable Mère d'Youville chantant le Te Deum pendant l'incendie de son hôpital - 18 mai 1765»). Ces tableaux ont été retouchés, en 1957 et en 1958, par Léopold Perron.

Le Sanctuaire
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Au fond du sanctuaire, à gauche, on aperçoit le siège de l'évêque, appelé cathèdre, d'où le mot cathédrale, «église de l'évêque».

Face au sanctuaire, à gauche, une statue de marbre blanc représente la Vierge Marie, Reine de la Paix, dont le culte fut répandu par le pape Benoît XV, à la fin de la Première Guerre mondiale. À droite, on trouve une réplique de la statue de saint Pierre bénissant.

Les inscriptions latines

Il convient de traduire les phrases latines qui entourent la voûte de la Cathédrale. Autour de la nef, on peut lire, en grandes lettres dorées, à propos de l'apôtre saint Jacques le Majeur: «Il fut l'un des trois apôtres que le Sauveur a le plus aimés. En Judée et en Samarie, il en a conduit beaucoup à la foi chrétienne; il en a converti quelques-uns en Espagne. À Jérusalem, il fut condamné à la peine capitale et fut ainsi le premier apôtre à verser son sang en témoignage.» («Is unus fuit ex tribus apostolis quos salvator maxime dilexit in Judæa et Samaria plurimos ad Christianam fidem perduxit in Hispania aliquos convertit Jerosolymæ capite damnatus est primus apostolorum profuso sanguine testimonium Jesu dedit.»)
Autour du transept, on reconnaît la réponse de Jésus à la demande de la mère de Jacques et Jean: «Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire le calice que moi-même je boirai. Ils dirent: Nous le pouvons. Il leur dit: «Vous allez boire à mon calice, cependant, vous asseoir à ma droite ou à ma gauche, ce n'est pas à moi de vous le donner, mais cela est pour qui mon Père l'a préparé.» («Respondens autem Jesus dixit nescitis quid petatis potestis bibere calicem quem ego bibiturus sum dicunt ei possumus ait illis calicem quidem meum bibetis sedere autem ad dexteram meam vel sinistram non est meum dare vobis sed quibus paratum est a patre meo.»)

Autour de l'abside: «Ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.»(«Quodcumque ligaveris super terram erit ligatum in cœli quodcumque solveri super terram erit solutum et in cœlis.»)

Au centre de l'abside: «Pais mes brebis» («Pasce oves meas»). Au-dessus de la cathèdre et du tabernacle: «Saint, saint, saint est le Seigneur» («Sanctus sanctus sanctus dominus»).

La coupole
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Les médaillons peints de la grande coupole ont été réalisés par MM. Jules Bernardin et Raoul Rioux. Ils représentent les quatre évangélistes et leurs symboles: l'aigle pour saint Jean; l'homme ailé pour saint Matthieu; le lion ailé pour saint Marc; et le boeuf ailé pour saint Luc. Les évangélistes sont surmontés d'anges accompagnés des symboles suivants: la tiare et les deux clés de saint Pierre sous le médaillon de saint Jean; les armoiries de Mgr Bourget sous le médaillon de saint Matthieu; les armoiries de Mgr Fabre sous le médaillon de saint Marc; enfin, sous le médaillon de saint Luc, les armoiries de Léon XIII, pape durant la majeure partie de la construction de la Cathédrale.

Autour de la coupole sont inscrites les paroles de Jésus à Pierre: «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle; je te donnerai les clés du Royaume des Cieux.» («Tu es petrus et super hanc petram ædificabo ecclesiam meam et portæ inferi non prævalebunt adversus eam et tibi dabo claves regni colorum»)

Le visiteur averti remarquera, au centre de la grande coupole, une autre petite coupole au sommet de laquelle se trouve un triangle doré représentant la Trinité, à l'intérieur duquel on voit «l'oil de Dieu».

L'Abside
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Les tableaux de la voûte de l'abside représentent, de gauche à droite: le Christ portant sa croix et rencontrant saint Pierre (le fameux «Quo Vadis»); le Christ désignant saint Pierre comme son successeur par la remise des clés, et la pêche miraculeuse.

Au fond de l'abside, nous découvrons une très belle statue de bois, conçue et exécutée par Sylvia Daoust. Cette œuvre, inspirée de l'Apocalypse, représente la Vierge Marie, Reine de l'Univers.

Plus haut, au centre, se trouve l'unique vitrail figuratif de la Basilique, représentant saint Jacques le Majeur, apôtre.

La chapelle funéraire des éveques
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La plus remarquable des quatre chapelles est sans contredit la chapelle mortuaire des évêques. Elle abrite la dépouille mortelle de tous les évêques et les archevêques du diocèse, dont celle des cardinaux Paul-Émile Léger (1904-1991) et Paul Grégoire (1911-1993).

C'est Mgr Georges Gauthier, cinquième évêque et troisième archevêque de Montréal, qui inaugura la chapelle le 27 avril 1933, entouré de dix-sept évêques et archevêques et de centaines de prêtres et de fidèles.

Au centre se trouve le gisant en bronze de Mgr Bourget, réalisé à Rome par le sculpteur Jules Barberi, qui avait produit un monument semblable représentant le pape Benoît XV. Le tombeau est fait de marbre jaune de Sienne.

On doit cette chapelle, unique à Montréal, à l'architecte Ludger Lemieux, ainsi qu'à François-Xavier Renaud et à l'entreprise de sculpteurs Carli et Petrucci. Les murs et le parquet de la chapelle sont recouverts de marbre italien orné de mosaïques multicolores, incrustées d'or.

Au-dessus de l'autel en marbre, on aperçoit un bas-relief en bronze représentant la Basilique Saint-Pierre-de-Rome.

L'inscription latine entourant le haut de la chapelle se traduit ainsi: «L'heure vient où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui ont fait le bien ressusciteront pour recevoir la vie» (Jn 5, 25 et 29) («Venit hora in qua omnes qui in monumentis sunt audient vocem filii Dei et procedent qui bona fecerunt in resurrectionem vitæ.»)

Chapelle de Zouaves Pontificaux

Située à l'arrière de la basilique, à gauche, cette chapelle abrite des reliques de saints et des souvenirs des zouaves pontificaux canadiens qui se rendirent en Italie, au siècle dernier, pour défendre les Etats pontificaux. En 1894, pour commémorer dignement leurs trois années de présence sous les drapeaux du Vatican, les zouaves obtinrent l'autorisation d'élever à leurs frais, dans la Cathédrale, une chapelle où ils déposèrent de nombreux souvenirs ainsi que quatre grandes tablettes en marbre où sont gravés, en lettres d'or, les noms des 507 braves défenseurs du Pape. Ces tablettes se trouvent maintenant à l'extérieur de la chapelle, tout près de l'entrée.

Les murs latéraux portent une toile qui ornait le cercle des zouaves à Rome et représentant saint Jean-Baptiste, de même qu'un tableau de saint Grégoire le Grand, patron des zouaves. Une toile offerte par le pape Pie IX à M. l'abbé Edmond Moreau, aumônier des zouaves canadiens, le 20 janvier 1874, représente une chapelle dédiée à saint Grégoire.

C'est Mgr Bourget qui a placé les zouaves canadiens sous la protection de saint Zénon et de ses compagnons, martyrs des premiers siècles de l'Église. De plus, l'évêque remit à chacun d'eux une relique de ces saints protecteurs.

La chapelle renferme aujourd'hui plusieurs des reliques recueillies par Mgr Bourget. L'un de ses biographes a écrit: «Sa piété envers les saintes reliques était la terreur de ceux qui en possédaient à Rome.»

Les deux gisants en cire placés sous les autels intriguent le visiteur. Le plus petit représente saint Innocent, enfant martyr des débuts de l'Église. Mgr Bourget eut le bonheur d'annoncer à ses diocésains la découverte du corps entier de saint Innocent, le 12 février 1855, et le don que le Pape lui fit des reliques, qu'il fit placer dans la chapelle. Mgr Bourget choisit de plus cet enfant martyr comme patron particulier de tous les enfants du diocèse. L'autre gisant représente saint Zotique.

Le Baptistère
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Le baptistère est situé à l'arrière de la Cathédrale, à droite. Les fonts baptismaux en marbre sont surmontés d'un imposant crucifix, œuvre de stuc réalisée par le sculpteur Philippe Hébert. Cette sculpture représente une œuvre majeure de la statuaire religieuse québécoise.

Le revêtement des murs, en papier peint au fini velours, crée une ambiance intime convenant à la célébration de baptêmes.

La chapelle de l'Assomption
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La chapelle des mariages se situe à l'ouest de la nef, en face de la chapelle funéraire où se trouvent les dépouilles des évêques de Montréal. Son ornementation architecturale baroque est de l'ordre ionique romain. Des pilastres répartis sur les quatres murs supportent une voûte à caissons enrichis de motifs fleuris. L'espace clair et lumineux baigné d'un ton gris-vert rehaussé d'or, se prêtre parfaitement à la célébration des mariages. Par la disposition oblique des bancs, cet espace peut recevoir une cinquantaine de personnes convergeant vers l'autel.

Depuis 1997, d'important travaux de restauration ont été réalisés à la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde, grâce aux subventions du ministère de la Culture et des Communications du Québec, du Bureau du Canada pour le millénaire, de Parcs Canada, et de généreux donateurs dont l'Ordre de Malte. Les architectes Beaupré et Michaud ont dressé les plans en consultation avec Claude Beaulieu, responsable de la restauration du décor. Raymond Brodeur, directeur de l'entreprise Encadrements Marcel, a agi comme gérant de chantier. Le projet fut complété au printemps 2001.

Dès l'entrée de la chapelle, les visiteurs aperçoivent l'imposant retable de bois sculpté (4,8m de haut par 2,7 m de large), adossé au fond de la niche centrale. Pièce baroque, le retable est richement décoré, recouvert de feuille d'or et orné au centre d'une toile représentant l'Assomption de la Vierge Marie. Le retable est l'oeuvre d'un moine espagnol de passage à l'abaye des Bénédictins à Bellelay, en Suisse, vers 1635. Il fut installé à la chapelle de l'abbaye en 1665 et y demeura jusqu'au début du XIXe siècle. Les représailles religieuses forcèrent les moines à se disperser et ils vendirent l'autel. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'architecte-restaurateur autrichien, Rodolphe Messmer découvrit le retable à l'église de Suarce, en France, près de la frontière suisse, dans le Territoire de Belfort. Selon le Centre canadien d'expertise des peintures, M. Messmer avait remarqué que l'autel de marbre qui s'y trouvait ne cadrait pas avec cette très vieille église. Il apprit alors que le retable de bois qui le surmontait avait été entreposé par un ancien curé, à cause du danger toujours présent d'incendie. M. Messmer acquit le retable et l'emportera avec lui au Canada en 1928. Il réalise le tombeau de l'autel, tel que conservé jusqu'à présent. En 1994, M. Bruno Messmer a offert cette oeuvre d'art à l'Archevêché de Montréal. En automne 2000, les Encadrements Marcel ont restauré et remonté les trente pièces du retable d'après une photographie ancienne. La toile, l'Assomption de la Vierge Marie, n'a nécessité qu'un simple nettoyage.

Deux tableaux ornent les murs latéraux de la chapelle. A gauche, la reproduction, par Antoine Plamondon, d'une peinture de Raphaël, La Vierge au Chardonneret, don du notaire Claude Laberge. A droite, une huile sur bois d'un auteur inconnu représente saint Jean-Baptiste. Cette oeuvre est un don la reine Victoria à la cantatrice Marie-Louise-Cécile-Emma Lajeunesse dit Albani. Elle fut par la suite offerte à l'église Saint-Jean-Baptiste qui, à son tour, remit la peinture à la basilique-cathédrale en l'an 2000 pour orner la chapelle. L'éclairage judicieusement étudié est complété par un ensemble de quatre torchères, modelées par M. Alain Dallaire d'après un candélabre du XVIe siècle. Le candélabre original de provenance européenne et de style rococo a été restauré par le sculpteur Roger Dallaire. Il sert de chandelier pascal.

L'autel de la célébration en verre est une réalisation de l'école des verriers « Le Chantier, de Laval ». Une structure d'acier calculée par Michel Provencher, ing., sert de support aux éléments de verre, composé par le conseiller. De même, le plancher est revêtu de granit gris clair avec des bandes décoratives, rouge et brun foncé, disposées en diagonale. Au seuil de la chapelle, une croix de Malte encastrée dans le dallage dirige la vue sur l'autel. Les vitraux, de tons pastels, sont dédiés aux chevaliers de l'Ordre de Malte.

De chaque côté de l'allée centrale sont placées quatre rangées de bancs qui s'insèrent aux motifs du dallage. Les bancs furent dessinés par l'architecte Roger D'Astous pour l'église Saint-René-Goupil, qui en a fait don à la basilique-cathédrale. Il furent restaurés par l'ébéniste Eric Godbout et par le tapissier-rembourreur Stanislas Metzger, artisans des fauteuils et chaises de la chapelle.

La chapelle est dotée d'un orgue du facteur Paul Ott, construit en 1951, composé d'un clavier (bourdon 8'; flûte 4'; principal 2'; quinte 1 1/3'; régale 89'),dans un buffet en chêne.

Cette restauration a été entreprise à l'initiative du Cardinal Jean-Claude Turcotte, sous la direction de Mgr PierreSaint-cyr, curé de la Cathédrale. Par sa beauté, la chapelle rend hommage à la patronne du diocèse, Marie.

Les grandes orgues Casavant
nouvellement restaurées par Guilbault-Thérien
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Au fond de la nef, on aperçoit le buffet des grandes orgues de la Cathédrale.

Les grandes orgues des facteurs Casavant et Frères ont été inaugurées le 22 septembre 1893 par l'organiste et compositeur français Alexandre Guilmant. D'esthétique symphonique, l'instrument comptait alors 56 jeux répartis sur un pédalier et trois claviers.

Le premier titulaire des grandes orgues fut Romain-Octave Pelletier, jusqu'à sa mort, en 1923. Le maître Arthur Letondal, qui lui succéda fut, comme son prédécesseur, distingué musicien, adroit accompagnateur et habile improvisateur. M. Letondal occupa la tribune de l'orgue jusqu'en 1949. Son successeur, M. Georges Lindsay, remplit les fonctions d'organiste titulaire pendant le mandat du cardinal Paul-Émile Léger, et ne quitta la cathédrale qu'en 1973. L'organiste titulaire actuelle, Madame Hélène Dugal, a été nommée en 1975.

En 1951, les grandes orgues firent l'objet d'une reconstruction par la maison Casavant. Les travaux ont porté l'instrument à 76 jeux, répartis sur quatre claviers et un pédalier. Un système de combinaisons électriques a été prévu pour le tirage des jeux. La batterie de 18 jeux d'anches de ces grandes orgues et le grand plein-jeu de 16 pieds jouissaient des résonances profondes de la nef de la Cathédrale.

En 1995-1996, une restauration, destinée à remédier aux lacunes techniques de l'instrument et à confirmer son esthétique symphonique à la française, a été réalisée par la maison Guilbault-Thérien de Saint-Hyacinthe. Depuis, l'orgue compte 93 jeux répartis sur un pédalier et quatre claviers, et comprend une section flottante, appelée «solo» où repose une trompette horizontale, dite «en chamade». Un ordinateur conçu par la maison Syncordia a été intégré à l'instrument pour le tirage des jeux. Cet ordinateur gère un séquenceur ainsi qu'un combinateur de huit utilisateurs comprenant 256 niveaux de mémoire chacun.

Les grandes orgues de la Cathédrale possèdent des pleins-jeux et des cornets à tous les claviers. Elles sont également pourvues d'une enviable batterie de jeux d'anches. Au seul clavier de grand-orgue, on compte deux trompettes, une bombarde et un clairon, tandis que les claviers du grand-chœur, du positif et du récit comportent des séries complètes d'anches de 16, 8 et 4 pieds. La trompette en chamade couronne l'ensemble. Par ailleurs, le grand plein-jeu de 16 pieds jouit de la profondeur du bourdon de 32 pieds du grand-orgue.

Le petit orgue de la chapelle des mariages, acquis en 1995, est un instrument portatif à un clavier, sans pédalier, de type allemand, construit par Paul Ott (Gottingen, 1958). Cet orgue aux sonorités remarquables est doté de cinq jeux.

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