Visite de la Cathédrale
L'Extérieur de la Cathédrale
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D'inspiration néo-renaissance
italienne, la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde a conservé l'apparence
générale de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome. En raison des rigueurs
de l'hiver, il a fallu simplifier les faces latérales de l'édifice.
À la lecture des renseignements ci-dessous, on verra que la Cathédrale
de Montréal fait environ la moitié de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome.
Saint-Pierre-de-Rome Cathédrale de Montréal
Longueur 700 pieds 333 pieds
Largeur 260 pieds 150 pieds
Hauteur de la coupole 500 pieds 252 pieds
Diamètre de la coupole 130 pieds 75 pieds
Les murs de la Cathédrale sont faits de pierre calcaire brute
ou bosselée, produite à Montréal, et l'encadrement des fenêtres
en pierre de taille de qualité supérieure. L'épaisseur des murs
varie de dix pieds à la base à quatre pieds au sommet. Le dôme
repose sur une charpente de bois recouverte de feuilles de cuivre.
Deux dômes plus petits, qui avaient été prévus pour les tours
de l'arrière, n'ont jamais été construits.
Les treize statues de neuf pieds de hauteur, en bois recouvert
de cuivre, qui couronnent la façade, sont l'uvre de Joseph
Olindo-Gratton, de Sainte-Thérèse-de-Blainville, qui les réalisa
entre octobre 1892 et octobre 1900.
Tandis que les statues de la façade de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome
représentent le Christ et les douze apôtres, celles de la Cathédrale
illustrent, de gauche à droite:
- saint Antoine de Padoue et l'Enfant Jésus (1898)
- saint Vincent de Paul et un enfant trouvé; (1893)
- saint Hyacinthe tenant une statuette de la Vierge (1899)
- saint Thomas d'Aquin (1900)
- saint Paul (1898)
- saint Jean l'Évangéliste (1893)
- au centre, saint Jacques-le-Majeur (1892)
- saint Joseph et l'Enfant Jésus (1899)
- saint Jean Baptiste (1899)
- saint Patrice (1899)
- saint Ignace d'Antioche (1893)
- saint Charles Borromée (1899)
- saint François d'Assise (1898)
Ces statues sont le don de bienfaiteurs. Par exemple, la statue
de saint Patrice a été offerte par les paroisses irlandaises de
Montréal; celle de saint Hyacinthe, par Mgr Louis-Zéphirin Moreau,
(déclaré bienheureux en 1987), évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe.
Le Monument de Monseigneur Bourget
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Ce monument, uvre
du sculpteur Philippe Hébert, s'élève côté ouest de la place qui
s'étend devant le parvis de la Cathédrale.
L'année 1899 devait marquer le centième anniversaire de naissance
de Mgr Bourget. Quelques prêtres et laïcs conçurent le projet
d'ériger, à cette occasion, une statue au saint évêque. L'idée
fut aussitôt approuvée par l'évêque du temps, Mgr Bruchési. Celui-ci
inaugura le monument le 24 juin 1903, à la Saint-Jean-Baptiste.
La statue principale, en bronze, a été coulée à Bruxelles, tandis
que les bronzes des bas-reliefs ont été coulés à Paris. Le piédestal
est en granit gris. Mgr Bourget, représenté dans l'apparat de
ses vêtements canoniques, tient un manuscrit tandis que, de l'autre
main, il accompagne d'un geste oratoire les paroles qu'il adresse
au peuple.
Au bas de la statue, on trouve deux figures allégoriques représentant
les vertus de charité et de religion. La charité prend les traits
d'une femme au regard tourné vers le ciel; la main droite vient
de faire l'aumône d'un pain à une pauvre dame âgée; la main gauche
fait glisser un pan de son manteau sur les épaules grelottantes
d'un enfant abandonné. La vertu de religion est représentée par
une femme dont le bras gauche attire à elle une enfant qui joint
les mains en signe d'admiration, tandis que de l'autre côté, se
meurt un vieillard; ils sont tous deux soutenus par la vertu de
religion.
À la base du piédestal,
deux bas-reliefs plus petits représentent des scènes de la vie
de Mgr Bourget. L'un figure l'évêque en visite au camp des zouaves
canadiens, non loin de Rome. Il s'appuie au bras du colonel De
Charette. L'autre bas-relief représente Mgr Bourget recevant les
plans de la Cathédrale.
À l'arrière du monument, on peut lire, gravé dans la pierre, le
testament spirituel du saint évêque: «Mes enfants, gardez le dépôt
sacré des traditions. Souvenez-vous de mes labeurs!»
L'Intérieur de la Cathédrale
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L'intérieur de la Cathédrale
ne reproduit pas, dans toute sa splendeur, la Basilique Saint-Pierre
de Rome, mais l'agencement architectural de la nef, la voûte à
caissons en bois blanc et doré et le baldaquin aux colonnes torsadées
demeurent intéressants. Les courbures des voûtes qui s'entrecoupent
volent presque la vedette aux nombreux tableaux et aux dorures
de 23 carats.
Le
Baldaquin
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Sous la coupole, le
baldaquin domine le maître-autel. Reproduction remarquable du
célèbre baldaquin Le Bernin, on doit au talent d'Arthur Vincent
cette uvre de cuivre rouge ouvragé à la main et décoré de
feuilles d'or. Les six anges du dessus ont été sculptés par Joseph-Olindo
Gratton. Ces statues, quatre «Anges aux guirlandes» (1910) et
deux «Anges aux insignes de la papauté» (1911), ont aussi comme
modèles les statues du baldaquin Le Bernin. Cette majestueuse
pièce centrale a été offerte à la Cathédrale par les Messieurs
de Saint-Sulpice.
Les
tableaux historiques
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La plupart des grands
tableaux (de treize à seize pieds de hauteur) qui ornementent
les arcades de la nef et du transept ont été réalisés par Georges
Delfosse en 1908 et en 1909. Font exception: «La Première Messe
Célébrée à Montréal» (célébrée par le père Vimont, jésuite, en
présence de M. de Maisonneuve et de Jeanne Mance), peint par M.
Ernest Laurent, premier prix de Rome au concours de 1889 et offert
par le gouvernement français. Et le tableau de Lionel Royer peint
en 1885: «Colonel Athanase de Charette, Commandant des Zouaves
Pontificaux».
Les tableaux de Georges Delfosse illustrent les moments héroïques
de l'évangélisation des Amérindiens, réalisée par les Récollets
et les martyrs Jésuites («Nicolas Viel, premier martyr canadien
Récollet et son néophyte Ahuntsic - 1625» et «Supplice des Pères
Jésuites J. de Brébeuf et G. Lalemant - 16-17 mars 1649»). Ces
tableaux témoignent en outre de la période où eut lieu la fondation
de Ville-Marie. Une toile illustre la consécration du projet à
la Vierge Marie, à Paris, avec M. Jean-Jacques Olier, fondateur
des Sulpiciens, et M. Jérôme Le Royer, sieur de la Dauversière,
laïc marié, l'homme qui a conçu spirituellement et financièrement
Montréal («M. Olier consacre les Associés de Montréal à la Vierge
dans l'église de Notre-Dame de Paris - 3 février 1641»). Avant
que l'on songe à cette fondation, une messe avait déjà été célébrée
sur les lieux («Première messe chantée sur les bords de la rivière
des Prairies par le R. Père Denis Jamay - 24 juin 1615»).
Les co-fondatrices de Ville-Marie, Jeanne-Mance et sainte Marguerite
Bourgeoys, sont représentées dans leur tâche respective: le soin
des malades et l'enseignement aux enfants. («L'héroïque Jeanne
Mance et les Hospitalières de Saint-Joseph soignant les malades
- 1659» et «La Vénérable Marguerite Bourgeoys enseignant les jeunes
sauvages, près des tours du Vieux Fort de Montréal - 1694»). Enfin,
sainte Marguerite d'Youville, mère à la charité universelle, est
représentée devant son hôpital incendié, grande épreuve qu'elle
a traversée en chantant le Te Deum («La Vénérable Mère d'Youville
chantant le Te Deum pendant l'incendie de son hôpital - 18 mai
1765»). Ces tableaux ont été retouchés, en 1957 et en 1958, par
Léopold Perron.
Le
Sanctuaire
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Au fond du sanctuaire,
à gauche, on aperçoit le siège de l'évêque, appelé cathèdre, d'où
le mot cathédrale, «église de l'évêque».
Face au sanctuaire,
à gauche, une statue de marbre blanc représente la Vierge Marie,
Reine de la Paix, dont le culte fut répandu par le pape Benoît
XV, à la fin de la Première Guerre mondiale. À droite, on trouve
une réplique de la statue de saint Pierre bénissant.
Les inscriptions latines
Il convient de traduire
les phrases latines qui entourent la voûte de la Cathédrale. Autour
de la nef, on peut lire, en grandes lettres dorées, à propos de
l'apôtre saint Jacques le Majeur: «Il fut l'un des trois apôtres
que le Sauveur a le plus aimés. En Judée et en Samarie, il en
a conduit beaucoup à la foi chrétienne; il en a converti quelques-uns
en Espagne. À Jérusalem, il fut condamné à la peine capitale et
fut ainsi le premier apôtre à verser son sang en témoignage.»
(«Is unus fuit ex tribus apostolis quos salvator maxime dilexit
in Judæa et Samaria plurimos ad Christianam fidem perduxit in
Hispania aliquos convertit Jerosolymæ capite damnatus est primus
apostolorum profuso sanguine testimonium Jesu dedit.»)
Autour du transept, on reconnaît la réponse de Jésus à la demande
de la mère de Jacques et Jean: «Vous ne savez pas ce que vous
demandez. Pouvez-vous boire le calice que moi-même je boirai.
Ils dirent: Nous le pouvons. Il leur dit: «Vous allez boire à
mon calice, cependant, vous asseoir à ma droite ou à ma gauche,
ce n'est pas à moi de vous le donner, mais cela est pour qui mon
Père l'a préparé.» («Respondens autem Jesus dixit nescitis quid
petatis potestis bibere calicem quem ego bibiturus sum dicunt
ei possumus ait illis calicem quidem meum bibetis sedere autem
ad dexteram meam vel sinistram non est meum dare vobis sed quibus
paratum est a patre meo.»)
Autour de l'abside: «Ce que
vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, ce que vous
aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.»(«Quodcumque
ligaveris super terram erit ligatum in cli quodcumque solveri
super terram erit solutum et in clis.»)
Au centre de l'abside: «Pais mes brebis» («Pasce oves meas»).
Au-dessus de la cathèdre et du tabernacle: «Saint, saint, saint
est le Seigneur» («Sanctus sanctus sanctus dominus»).
La
coupole
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Les médaillons peints de la grande
coupole ont été réalisés par MM. Jules Bernardin et Raoul Rioux.
Ils représentent les quatre évangélistes et leurs symboles: l'aigle
pour saint Jean; l'homme ailé pour saint Matthieu; le lion ailé
pour saint Marc; et le boeuf ailé pour saint Luc. Les évangélistes
sont surmontés d'anges accompagnés des symboles suivants: la tiare
et les deux clés de saint Pierre sous le médaillon de saint Jean;
les armoiries de Mgr Bourget sous le médaillon de saint Matthieu;
les armoiries de Mgr Fabre sous le médaillon de saint Marc; enfin,
sous le médaillon de saint Luc, les armoiries de Léon XIII, pape
durant la majeure partie de la construction de la Cathédrale.
Autour de la coupole sont inscrites
les paroles de Jésus à Pierre: «Tu es Pierre et sur cette pierre
je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront
pas contre elle; je te donnerai les clés du Royaume des Cieux.»
(«Tu es petrus et super hanc petram ædificabo ecclesiam meam et
portæ inferi non prævalebunt adversus eam et tibi dabo claves
regni colorum»)
Le visiteur averti remarquera, au
centre de la grande coupole, une autre petite coupole au sommet
de laquelle se trouve un triangle doré représentant la Trinité,
à l'intérieur duquel on voit «l'oil de Dieu».
L'Abside
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Les tableaux de la voûte
de l'abside représentent, de gauche à droite: le Christ portant
sa croix et rencontrant saint Pierre (le fameux «Quo Vadis»);
le Christ désignant saint Pierre comme son successeur par la remise
des clés, et la pêche miraculeuse.
Au fond de l'abside, nous découvrons une très belle statue de
bois, conçue et exécutée par Sylvia Daoust. Cette uvre,
inspirée de l'Apocalypse, représente la Vierge Marie, Reine de
l'Univers.
Plus haut, au centre, se trouve l'unique vitrail figuratif de
la Basilique, représentant saint Jacques le Majeur, apôtre.
La
chapelle funéraire des éveques
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La plus remarquable
des quatre chapelles est sans contredit la chapelle mortuaire
des évêques. Elle abrite la dépouille mortelle de tous les évêques
et les archevêques du diocèse, dont celle des cardinaux Paul-Émile
Léger (1904-1991) et Paul Grégoire (1911-1993).
C'est Mgr Georges Gauthier, cinquième évêque et troisième archevêque
de Montréal, qui inaugura la chapelle le 27 avril 1933, entouré
de dix-sept évêques et archevêques et de centaines de prêtres
et de fidèles.
Au centre se trouve le gisant en bronze de Mgr Bourget, réalisé
à Rome par le sculpteur Jules Barberi, qui avait produit un monument
semblable représentant le pape Benoît XV. Le tombeau est fait
de marbre jaune de Sienne.
On doit cette chapelle, unique à Montréal, à l'architecte Ludger
Lemieux, ainsi qu'à François-Xavier Renaud et à l'entreprise de
sculpteurs Carli et Petrucci. Les murs et le parquet de la chapelle
sont recouverts de marbre italien orné de mosaïques multicolores,
incrustées d'or.
Au-dessus de l'autel en marbre,
on aperçoit un bas-relief en bronze représentant la Basilique
Saint-Pierre-de-Rome.
L'inscription latine entourant le haut de la chapelle se traduit
ainsi: «L'heure vient où les morts entendront la voix du Fils
de Dieu et ceux qui ont fait le bien ressusciteront pour recevoir
la vie» (Jn 5, 25 et 29) («Venit hora in qua omnes qui in monumentis
sunt audient vocem filii Dei et procedent qui bona fecerunt in
resurrectionem vitæ.»)
Chapelle de Zouaves Pontificaux
Située à l'arrière de
la basilique, à gauche, cette chapelle abrite des reliques de
saints et des souvenirs des zouaves pontificaux canadiens qui
se rendirent en Italie, au siècle dernier, pour défendre les Etats
pontificaux. En 1894, pour commémorer dignement leurs trois années
de présence sous les drapeaux du Vatican, les zouaves obtinrent
l'autorisation d'élever à leurs frais, dans la Cathédrale, une
chapelle où ils déposèrent de nombreux souvenirs ainsi que quatre
grandes tablettes en marbre où sont gravés, en lettres d'or, les
noms des 507 braves défenseurs du Pape. Ces tablettes se trouvent
maintenant à l'extérieur de la chapelle, tout près de l'entrée.
Les murs latéraux portent une toile qui ornait le cercle des zouaves
à Rome et représentant saint Jean-Baptiste, de même qu'un tableau
de saint Grégoire le Grand, patron des zouaves. Une toile offerte
par le pape Pie IX à M. l'abbé Edmond Moreau, aumônier des zouaves
canadiens, le 20 janvier 1874, représente une chapelle dédiée
à saint Grégoire.
C'est Mgr Bourget qui a placé les zouaves canadiens sous la protection
de saint Zénon et de ses compagnons, martyrs des premiers siècles
de l'Église. De plus, l'évêque remit à chacun d'eux une relique
de ces saints protecteurs.
La chapelle renferme aujourd'hui plusieurs des reliques recueillies
par Mgr Bourget. L'un de ses biographes a écrit: «Sa piété envers
les saintes reliques était la terreur de ceux qui en possédaient
à Rome.»
Les deux gisants en cire placés sous les autels intriguent le
visiteur. Le plus petit représente saint Innocent, enfant martyr
des débuts de l'Église. Mgr Bourget eut le bonheur d'annoncer
à ses diocésains la découverte du corps entier de saint Innocent,
le 12 février 1855, et le don que le Pape lui fit des reliques,
qu'il fit placer dans la chapelle. Mgr Bourget choisit de plus
cet enfant martyr comme patron particulier de tous les enfants
du diocèse. L'autre gisant représente saint Zotique.
Le
Baptistère
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Le baptistère est situé
à l'arrière de la Cathédrale, à droite. Les fonts baptismaux en
marbre sont surmontés d'un imposant crucifix, uvre de stuc
réalisée par le sculpteur Philippe Hébert. Cette sculpture représente
une uvre majeure de la statuaire religieuse québécoise.
Le revêtement des murs, en papier peint au fini velours, crée
une ambiance intime convenant à la célébration de baptêmes.
La
chapelle de l'Assomption
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La chapelle des mariages
se situe à l'ouest de la nef, en face de la chapelle funéraire
où se trouvent les dépouilles des évêques de Montréal. Son ornementation
architecturale baroque est de l'ordre ionique romain. Des pilastres
répartis sur les quatres murs supportent une voûte à caissons
enrichis de motifs fleuris. L'espace clair et lumineux baigné
d'un ton gris-vert rehaussé d'or, se prêtre parfaitement à la
célébration des mariages. Par la disposition oblique des bancs,
cet espace peut recevoir une cinquantaine de personnes convergeant
vers l'autel.
Depuis 1997, d'important
travaux de restauration ont été réalisés à la basilique-cathédrale
Marie-Reine-du-Monde, grâce aux subventions du ministère de la
Culture et des Communications du Québec, du Bureau du Canada pour
le millénaire, de Parcs Canada, et de généreux donateurs dont
l'Ordre de Malte. Les architectes Beaupré et Michaud ont dressé
les plans en consultation avec Claude Beaulieu, responsable de
la restauration du décor. Raymond Brodeur, directeur de l'entreprise
Encadrements Marcel, a agi comme gérant de chantier. Le projet
fut complété au printemps 2001.
Dès l'entrée de la chapelle,
les visiteurs aperçoivent l'imposant retable de bois sculpté (4,8m
de haut par 2,7 m de large), adossé au fond de la niche centrale.
Pièce baroque, le retable est richement décoré, recouvert de feuille
d'or et orné au centre d'une toile représentant l'Assomption de
la Vierge Marie. Le retable est l'oeuvre d'un moine espagnol de
passage à l'abaye des Bénédictins à Bellelay, en Suisse, vers
1635. Il fut installé à la chapelle de l'abbaye en 1665 et y demeura
jusqu'au début du XIXe siècle. Les représailles religieuses forcèrent
les moines à se disperser et ils vendirent l'autel. Ce n'est qu'au
début du XXe siècle que l'architecte-restaurateur autrichien,
Rodolphe Messmer découvrit le retable à l'église de Suarce, en
France, près de la frontière suisse, dans le Territoire de Belfort.
Selon le Centre canadien d'expertise des peintures, M. Messmer
avait remarqué que l'autel de marbre qui s'y trouvait ne cadrait
pas avec cette très vieille église. Il apprit alors que le retable
de bois qui le surmontait avait été entreposé par un ancien curé,
à cause du danger toujours présent d'incendie. M. Messmer acquit
le retable et l'emportera avec lui au Canada en 1928. Il réalise
le tombeau de l'autel, tel que conservé jusqu'à présent. En 1994,
M. Bruno Messmer a offert cette oeuvre d'art à l'Archevêché de
Montréal. En automne 2000, les Encadrements Marcel ont restauré
et remonté les trente pièces du retable d'après une photographie
ancienne. La toile, l'Assomption de la Vierge Marie, n'a nécessité
qu'un simple nettoyage.
Deux tableaux ornent
les murs latéraux de la chapelle. A gauche, la reproduction, par
Antoine Plamondon, d'une peinture de Raphaël, La Vierge au Chardonneret,
don du notaire Claude Laberge. A droite, une huile sur bois d'un
auteur inconnu représente saint Jean-Baptiste. Cette oeuvre est
un don la reine Victoria à la cantatrice Marie-Louise-Cécile-Emma
Lajeunesse dit Albani. Elle fut par la suite offerte à l'église
Saint-Jean-Baptiste qui, à son tour, remit la peinture à la basilique-cathédrale
en l'an 2000 pour orner la chapelle. L'éclairage judicieusement
étudié est complété par un ensemble de quatre torchères, modelées
par M. Alain Dallaire d'après un candélabre du XVIe siècle. Le
candélabre original de provenance européenne et de style rococo
a été restauré par le sculpteur Roger Dallaire. Il sert de chandelier
pascal.
L'autel de la célébration
en verre est une réalisation de l'école des verriers « Le Chantier,
de Laval ». Une structure d'acier calculée par Michel Provencher,
ing., sert de support aux éléments de verre, composé par le conseiller.
De même, le plancher est revêtu de granit gris clair avec des
bandes décoratives, rouge et brun foncé, disposées en diagonale.
Au seuil de la chapelle, une croix de Malte encastrée dans le
dallage dirige la vue sur l'autel. Les vitraux, de tons pastels,
sont dédiés aux chevaliers de l'Ordre de Malte.
De chaque côté de l'allée
centrale sont placées quatre rangées de bancs qui s'insèrent aux
motifs du dallage. Les bancs furent dessinés par l'architecte
Roger D'Astous pour l'église Saint-René-Goupil, qui en a fait
don à la basilique-cathédrale. Il furent restaurés par l'ébéniste
Eric Godbout et par le tapissier-rembourreur Stanislas Metzger,
artisans des fauteuils et chaises de la chapelle.
La chapelle est dotée
d'un orgue du facteur Paul Ott, construit en 1951, composé d'un
clavier (bourdon 8'; flûte 4'; principal 2'; quinte 1 1/3'; régale
89'),dans un buffet en chêne.
Cette restauration a
été entreprise à l'initiative du Cardinal Jean-Claude Turcotte,
sous la direction de Mgr PierreSaint-cyr, curé de la Cathédrale.
Par sa beauté, la chapelle rend hommage à la patronne du diocèse,
Marie.
Les
grandes orgues Casavant
nouvellement
restaurées par Guilbault-Thérien
[Photo]
Au fond de la nef, on
aperçoit le buffet des grandes orgues de la Cathédrale.
Les grandes orgues des facteurs Casavant et Frères ont été inaugurées
le 22 septembre 1893 par l'organiste et compositeur français Alexandre
Guilmant. D'esthétique symphonique, l'instrument comptait alors
56 jeux répartis sur un pédalier et trois claviers.
Le premier titulaire des grandes orgues fut Romain-Octave Pelletier,
jusqu'à sa mort, en 1923. Le maître Arthur Letondal, qui lui succéda
fut, comme son prédécesseur, distingué musicien, adroit accompagnateur
et habile improvisateur. M. Letondal occupa la tribune de l'orgue
jusqu'en 1949. Son successeur, M. Georges Lindsay, remplit les
fonctions d'organiste titulaire pendant le mandat du cardinal
Paul-Émile Léger, et ne quitta la cathédrale qu'en 1973. L'organiste
titulaire actuelle, Madame Hélène Dugal, a été nommée en 1975.
En 1951, les grandes orgues firent l'objet d'une reconstruction
par la maison Casavant. Les travaux ont porté l'instrument à 76
jeux, répartis sur quatre claviers et un pédalier. Un système
de combinaisons électriques a été prévu pour le tirage des jeux.
La batterie de 18 jeux d'anches de ces grandes orgues et le grand
plein-jeu de 16 pieds jouissaient des résonances profondes de
la nef de la Cathédrale.
En 1995-1996, une restauration, destinée à remédier aux lacunes
techniques de l'instrument et à confirmer son esthétique symphonique
à la française, a été réalisée par la maison Guilbault-Thérien
de Saint-Hyacinthe. Depuis, l'orgue compte 93 jeux répartis sur
un pédalier et quatre claviers, et comprend une section flottante,
appelée «solo» où repose une trompette horizontale, dite «en chamade».
Un ordinateur conçu par la maison Syncordia a été intégré à l'instrument
pour le tirage des jeux. Cet ordinateur gère un séquenceur ainsi
qu'un combinateur de huit utilisateurs comprenant 256 niveaux
de mémoire chacun.
Les grandes orgues de la Cathédrale possèdent des pleins-jeux
et des cornets à tous les claviers. Elles sont également pourvues
d'une enviable batterie de jeux d'anches. Au seul clavier de grand-orgue,
on compte deux trompettes, une bombarde et un clairon, tandis
que les claviers du grand-chur, du positif et du récit comportent
des séries complètes d'anches de 16, 8 et 4 pieds. La trompette
en chamade couronne l'ensemble. Par ailleurs, le grand plein-jeu
de 16 pieds jouit de la profondeur du bourdon de 32 pieds du grand-orgue.
Le petit orgue de la chapelle des mariages, acquis en 1995, est
un instrument portatif à un clavier, sans pédalier, de type allemand,
construit par Paul Ott (Gottingen, 1958). Cet orgue aux sonorités
remarquables est doté de cinq jeux.
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